Grève étudiante à l'UQAM
Comme certain d'entre vous le savez déjà, une grève a été amorcée à l'UQAM pour dénoncer le plan de redressement qui est imposé aux étudiants et aux employés de soutien, le sous-financement des universités ainsi que le dégel des frais de scolarité. La question du financement universitaire soulève souvent, parmi les étudiants du moins, des débats houleux.
Revue de presse
C'est assez rare de voir des analyses élaborées à la télévision ou dans les quotidiens sur une grève étudiante à mions que celle-ci se prolonge pendant plusieurs semaines. Lorsqu'elle est enclenchée, il semble que les journalistes et analystes de toute allégence se contente d'envoyer un caméraman pour pondre un petit topo sur la question. Ce qui est surtout important pour les producteurs d'images, c'est les affrontements dits violents.
Vous me voyez peut-être venir. TQS à pondu un petit reportage sur les événements de la soirée de lundi. Revoyons le contexte.
L'UQAM est plongée dans un gouffre financier incroyable. L'ancien recteur, Roch Denis, a réussi à faire adopter par l'instance suprême de l'UQ son plan de développement immobilier. Or, ce plan fut dénoncé illico par les associations étudiantes ainsi que par les syndicats des employés de l'UQAM.
Après quelques mois de développement intensif, le scandale éclate. Une somme d'environ 40 million a été "perdue". Le recteur démissionne et le gouvernement blâme l'administration de l'UQAM.
Le déficit de l'UQAM passe à 300 millions, puis à 600 millions. Devant cette situation intenable, il fallait évidemment proposer des solutions "viables" pour que la "mission" de l'UQAM soit respectée.
Voilà.
Seulement, la définition de viabilité ainsi que de la mission de l'UQAM diffère selon les acteurs dans le conflit. Alors que les étudiants s'opposaient au projet depuis le début, ce sont eux et les employés de soutien qui, dans le plan de redressement viable de l'UQAM, qui devraient payer la note.
Le problème du sous-financement est évidemment lié à cette crise, puisque l'université ne peut pas se permettre de s'enfoncer d'avantage qu'elle l'est déjà, et elle l'est déjà parce qu'elle est sous-financée. Mais pourquoi ce sous-financement?
Vous vous souvenez du référendum de 1995? Juste un peu avant, le fédéral avait décidé de réduire les versements de la péréquation pour les programmes sociaux dans les provinces d'environ 30% (si ma mémoire est bonne). Les étudiants avait appuyé le camp du OUI en raison de la crainte exprimée par ces mêmes étudiants de voir les frais scolaire augmenter proportionnellement à la baisse des versements de péréquation. Depuis ce temps, les associations étudiantes au Québec se battent pour que l'État investissent plus et refusent d'avoir à payer pour un service qui devrait être gratuit et universel.
D'où la crise.
Bon, voilà pour le contexte.
Revenons à TQS. Benoît Tranchemontagne nous parlait mardi soir des actions qui ont été faites lundi soir et qui ont mené à l'arrestation de trois étudiants. Lorsque les associations d'un département donné - disons science politique et droit, pour l'exemple - votent en faveur d'une grève, habituellement, ils doivent aller bloquer l'entrée des cours qui se donnent dans le même département. S'ils ne la bloquent pas, l'enseignant est tenu de se présenter à son cours et de le donner si les conditions le permettent. Or, s'il n'y a pas assez d'étudiants présents aux cours où si les conditions ne permettent pas de tenir le cours, l'enseignant doit s'en aller et avertir le département que son cours ne se donnerait pas.
Claude Corbo est un enseignant de l'UQAM. Il est aussi candidat unique au rectorat de l'UQAM et il a déjà présenté sa position sur les frais de scolarité et sur le plan de redressement. Il est à la fois en faveur d'une hausse et en faveur du plan de redressement. Les étudiants n'allaient tout de même pas laisser le futur recteur-courronné donner son cours en toute impunité. Surtout après que celui-ci ait clairement affirmé qu'il n'hésiterait pas à franchir les lignes de piquetage (!).
Lundi, donc, les étudiants se sont rassemblé à l'entrée du cours de M. Corbo afin d'annuler celui-ci. Claude Corbo s'est présenté devant la porte armé d'une douzaine d'officier "Garda" pour assurer sa protection (!!). Voyant qu'il ne pouvait pas passer, il a rebroussé chemin pour se diriger vers son bureau, suivi des étudiants. Au lieu de sortir de l'UQAM et de retourner chez lui, M. Corbo s'est enfermé dans son bureau en laissant les étudiants à la porte. Les étudiants se sont donc assis devant la porte de son bureau, en attendant de pouvoir discuter avec lui. Or, le futur recteur s'est empressé d'appeler la police pour intervenir. Résultat, violence et arrestation.
Or, à TQS, on ne présente évidemment pas le poiunt de vue étudiant comme étant valable. Non. Tranchemontagne a bien pris le soin de prendre le point de vue du service de police de la ville de Montréal. "La police a affirmé qu'ils n'avaient pas eu le choix, étant donné que les étudiants avaient séquestré M. Corbo". Ils ont aussi, dans un souci d'objectivisme, pris le point de vue étudiant : "Les étudiants, quant à eux, prétendent que ce sont les policiers qui les ont provoqué." Et tout ça sur fond d'image de locaux ou des chaises sont empilés devant les portes, pour montrer une image chaotique, engendrée par les étudiants (ces sauvages).
À Télé-Québec, la semaine dernière, un débat était animé par Patrick Lagacé à Il va y avoir du sport. Habituellement animé par Marie-France Bazzo, l'émission portait sur deux sujets. La police et les étudiants. Les questions comportaient toutefois une réponse presque implicite : "Les polices sont-elles menottées?" et "Les étudiants sont-ils des enfants gâtés?" Pasons pour le débat sur la police. Le débat sur les étudiants opposaient Hubert Gendron-Blais, de l'ASSÉ et François Rebello, ancien de la FEUQ maintenant v.-p. au PQ à Bernard Descotaux du Devoir et une jeune pincée de l'IEDM. En gros, la question principale qui a retenue mon attention est celle à savoir si les frais d'inscription représentent réellement ou non une forme d'investissement. Selon la pincée de l'IEDM, les frais de scolarité seraient un investissement dans sa personne.
Assez surprenant, pour des étudiants en sciences humaines, en science politique, en art ou en littérature. Si c'est la façon qu'on a de voir l'éducation, il y a beaucoup de programmes qui vont disparaître. En effet, Si on décide de privilégier cette vision quelle seront les conséquences? Tout d'abord, le raisonnement à appliquer avant de poursuivre ses études seraient le suivant : "dans quel programme sont les débouchés les plus sûr et les plus payants" Éliminons de facto les programmes nommés au début de ce paragraphe. Il restera Gestion, Administration publique, Droit... et c'est à peu près tout.
Léger retour sur le projet de citoyenneté
Manifestement, la plupart des lecteurs de mes billets ne sont pas d'accord quant à mon opinion sur le projet de loi 195 de Mme Marois. Je ne continuerai pas à répondre aux commentaires sur mon dernier billet, étant donné que je ne passerai pas mon temps à défendre une opinion. Par contre, tous les commentaires, critiques ou autres qui seraient soumis à ce dernier billet (Citoyenneté à la Mario) vont être acceptés, comme d'habitude, à moins qu'ils ne comportent des propos racises, sexistes, discriminatoires ou insultants.
Toutefois, j'aimerais, ici, faire la promotion d'un débat. Or, Guillaume Lemay, animateur à CHOQ fm m'a fait parvenir un lien qui mèene vers une entrevue réalisée avec Mathieu Bock-Côté dont le livre tombe à point avec le débat identitaire. Voici ce qu'il m'a écrit :
Bonjour, ici Guillaume Lamy, animateur de l'émission Les publications universitairesé diffusée à CHOQ.fmDernièrement, nous avons reçus en entrevue Mathieu Bock-Côté, ex-conseiller de Bernard Landry et conseiller actuellement de Pauline Marois.Mathieu Bock-Côté a publié un livre chez Boréal, livre stimulant qui s'intitule : "La dénationalisation tranquille".
Dans l'entrevue, Mathieu Bock-Côté défend le projet de loi 195, attaque le multiculturalisme de Pierre-Éliot Trudeau et tente de ressouder le projet souverainiste avec l'identité québécoise.Mathieu Bock-Côté est un auteur à connaître pour les partisans souverainistes. Je me disais que vous seriez peut-être intéressé à en parler sur votre site.
Voici le lien pour accéder à l'entrevue : http://www.publications-universitaires.qc.ca/?p=23

