mercredi 14 novembre 2007

Grève étudiante à l'UQAM

Je suis toujours vivant, mais plus occupé que jamais. Voilà pour expliquer mon absence prolongée, vous m'en excuserez.

Comme certain d'entre vous le savez déjà, une grève a été amorcée à l'UQAM pour dénoncer le plan de redressement qui est imposé aux étudiants et aux employés de soutien, le sous-financement des universités ainsi que le dégel des frais de scolarité. La question du financement universitaire soulève souvent, parmi les étudiants du moins, des débats houleux.

Revue de presse
C'est assez rare de voir des analyses élaborées à la télévision ou dans les quotidiens sur une grève étudiante à mions que celle-ci se prolonge pendant plusieurs semaines. Lorsqu'elle est enclenchée, il semble que les journalistes et analystes de toute allégence se contente d'envoyer un caméraman pour pondre un petit topo sur la question. Ce qui est surtout important pour les producteurs d'images, c'est les affrontements dits violents.

Vous me voyez peut-être venir. TQS à pondu un petit reportage sur les événements de la soirée de lundi. Revoyons le contexte.

L'UQAM est plongée dans un gouffre financier incroyable. L'ancien recteur, Roch Denis, a réussi à faire adopter par l'instance suprême de l'UQ son plan de développement immobilier. Or, ce plan fut dénoncé illico par les associations étudiantes ainsi que par les syndicats des employés de l'UQAM.

Après quelques mois de développement intensif, le scandale éclate. Une somme d'environ 40 million a été "perdue". Le recteur démissionne et le gouvernement blâme l'administration de l'UQAM.

Le déficit de l'UQAM passe à 300 millions, puis à 600 millions. Devant cette situation intenable, il fallait évidemment proposer des solutions "viables" pour que la "mission" de l'UQAM soit respectée.

Voilà.

Seulement, la définition de viabilité ainsi que de la mission de l'UQAM diffère selon les acteurs dans le conflit. Alors que les étudiants s'opposaient au projet depuis le début, ce sont eux et les employés de soutien qui, dans le plan de redressement viable de l'UQAM, qui devraient payer la note.

Le problème du sous-financement est évidemment lié à cette crise, puisque l'université ne peut pas se permettre de s'enfoncer d'avantage qu'elle l'est déjà, et elle l'est déjà parce qu'elle est sous-financée. Mais pourquoi ce sous-financement?

Vous vous souvenez du référendum de 1995? Juste un peu avant, le fédéral avait décidé de réduire les versements de la péréquation pour les programmes sociaux dans les provinces d'environ 30% (si ma mémoire est bonne). Les étudiants avait appuyé le camp du OUI en raison de la crainte exprimée par ces mêmes étudiants de voir les frais scolaire augmenter proportionnellement à la baisse des versements de péréquation. Depuis ce temps, les associations étudiantes au Québec se battent pour que l'État investissent plus et refusent d'avoir à payer pour un service qui devrait être gratuit et universel.

D'où la crise.

Bon, voilà pour le contexte.

Revenons à TQS. Benoît Tranchemontagne nous parlait mardi soir des actions qui ont été faites lundi soir et qui ont mené à l'arrestation de trois étudiants. Lorsque les associations d'un département donné - disons science politique et droit, pour l'exemple - votent en faveur d'une grève, habituellement, ils doivent aller bloquer l'entrée des cours qui se donnent dans le même département. S'ils ne la bloquent pas, l'enseignant est tenu de se présenter à son cours et de le donner si les conditions le permettent. Or, s'il n'y a pas assez d'étudiants présents aux cours où si les conditions ne permettent pas de tenir le cours, l'enseignant doit s'en aller et avertir le département que son cours ne se donnerait pas.

Claude Corbo est un enseignant de l'UQAM. Il est aussi candidat unique au rectorat de l'UQAM et il a déjà présenté sa position sur les frais de scolarité et sur le plan de redressement. Il est à la fois en faveur d'une hausse et en faveur du plan de redressement. Les étudiants n'allaient tout de même pas laisser le futur recteur-courronné donner son cours en toute impunité. Surtout après que celui-ci ait clairement affirmé qu'il n'hésiterait pas à franchir les lignes de piquetage (!).

Lundi, donc, les étudiants se sont rassemblé à l'entrée du cours de M. Corbo afin d'annuler celui-ci. Claude Corbo s'est présenté devant la porte armé d'une douzaine d'officier "Garda" pour assurer sa protection (!!). Voyant qu'il ne pouvait pas passer, il a rebroussé chemin pour se diriger vers son bureau, suivi des étudiants. Au lieu de sortir de l'UQAM et de retourner chez lui, M. Corbo s'est enfermé dans son bureau en laissant les étudiants à la porte. Les étudiants se sont donc assis devant la porte de son bureau, en attendant de pouvoir discuter avec lui. Or, le futur recteur s'est empressé d'appeler la police pour intervenir. Résultat, violence et arrestation.

Or, à TQS, on ne présente évidemment pas le poiunt de vue étudiant comme étant valable. Non. Tranchemontagne a bien pris le soin de prendre le point de vue du service de police de la ville de Montréal. "La police a affirmé qu'ils n'avaient pas eu le choix, étant donné que les étudiants avaient séquestré M. Corbo". Ils ont aussi, dans un souci d'objectivisme, pris le point de vue étudiant : "Les étudiants, quant à eux, prétendent que ce sont les policiers qui les ont provoqué." Et tout ça sur fond d'image de locaux ou des chaises sont empilés devant les portes, pour montrer une image chaotique, engendrée par les étudiants (ces sauvages).

À Télé-Québec, la semaine dernière, un débat était animé par Patrick Lagacé à Il va y avoir du sport. Habituellement animé par Marie-France Bazzo, l'émission portait sur deux sujets. La police et les étudiants. Les questions comportaient toutefois une réponse presque implicite : "Les polices sont-elles menottées?" et "Les étudiants sont-ils des enfants gâtés?" Pasons pour le débat sur la police. Le débat sur les étudiants opposaient Hubert Gendron-Blais, de l'ASSÉ et François Rebello, ancien de la FEUQ maintenant v.-p. au PQ à Bernard Descotaux du Devoir et une jeune pincée de l'IEDM. En gros, la question principale qui a retenue mon attention est celle à savoir si les frais d'inscription représentent réellement ou non une forme d'investissement. Selon la pincée de l'IEDM, les frais de scolarité seraient un investissement dans sa personne.

Assez surprenant, pour des étudiants en sciences humaines, en science politique, en art ou en littérature. Si c'est la façon qu'on a de voir l'éducation, il y a beaucoup de programmes qui vont disparaître. En effet, Si on décide de privilégier cette vision quelle seront les conséquences? Tout d'abord, le raisonnement à appliquer avant de poursuivre ses études seraient le suivant : "dans quel programme sont les débouchés les plus sûr et les plus payants" Éliminons de facto les programmes nommés au début de ce paragraphe. Il restera Gestion, Administration publique, Droit... et c'est à peu près tout.

Léger retour sur le projet de citoyenneté
Manifestement, la plupart des lecteurs de mes billets ne sont pas d'accord quant à mon opinion sur le projet de loi 195 de Mme Marois. Je ne continuerai pas à répondre aux commentaires sur mon dernier billet, étant donné que je ne passerai pas mon temps à défendre une opinion. Par contre, tous les commentaires, critiques ou autres qui seraient soumis à ce dernier billet (Citoyenneté à la Mario) vont être acceptés, comme d'habitude, à moins qu'ils ne comportent des propos racises, sexistes, discriminatoires ou insultants.

Toutefois, j'aimerais, ici, faire la promotion d'un débat. Or, Guillaume Lemay, animateur à CHOQ fm m'a fait parvenir un lien qui mèene vers une entrevue réalisée avec Mathieu Bock-Côté dont le livre tombe à point avec le débat identitaire. Voici ce qu'il m'a écrit :

Bonjour, ici Guillaume Lamy, animateur de l'émission Les publications universitairesé diffusée à CHOQ.fmDernièrement, nous avons reçus en entrevue Mathieu Bock-Côté, ex-conseiller de Bernard Landry et conseiller actuellement de Pauline Marois.Mathieu Bock-Côté a publié un livre chez Boréal, livre stimulant qui s'intitule : "La dénationalisation tranquille".

Dans l'entrevue, Mathieu Bock-Côté défend le projet de loi 195, attaque le multiculturalisme de Pierre-Éliot Trudeau et tente de ressouder le projet souverainiste avec l'identité québécoise.Mathieu Bock-Côté est un auteur à connaître pour les partisans souverainistes. Je me disais que vous seriez peut-être intéressé à en parler sur votre site.


Voici le lien pour accéder à l'entrevue : http://www.publications-universitaires.qc.ca/?p=23

mardi 30 octobre 2007

Citoyenneté à la Mario

Décidément et malheureusement, le PQ a décidé de prendre exemple sur le fils spirituel de Duplessis, nul autre que Mario Dumont. En effet, Marois et son projet de loi 195 ont décidé de circonscrire la citoyenneté. Bien entendu, les réactions de la presse anglophone sont démesurées pour ne pas dire hystériques. Je ne suis pas d'accord avec le projet de loi, mais je ne peux pas non plus le comparer à un agenda raciste ou sensible aux orientations du Klu Klux Klan, comme le fait le Suburban.

Bien des nationalistes québécois clament qu'il était temps. Le projet de citoyenneté était désiré depuis longtemps, à la fois chez les séparatistes "réformateurs" et les séparatistes "purzédurs". En effet, pour les réformateurs (proche des autonomistes) c'est un geste qui se dirige vers plus d'autonomie pour la province du Québec. Le geste va dans le bon sens. Pour les "purzédurs" le geste en est un de rupture tel que proposé par Robert Laplante de l'action nationale.

Il s'agit surtout d'un geste stratégique, finalement.

Premièrement, gruger la base électorale adéquiste. C'est quelque chose qui est devenu commun dans les différentes "analyses" éditoriales : la "vague identitaire" est devenu payante pour les différents partis (en témoignent, disent les "analystes" patentés, le gain électoral adéquiste). Tous les partis sautent là-dessus.

Toutefois, la sortie de Mme Marois m'a semblé tout à fait inappropriée. En effet, son projet de loi fait de la langue française un critère de sélection politique.

Avant de me faire lapider par les militants péquistes, laissez-moi m'expliquer.

Depuis des lustres (depuis son existence), le PQ s'oppose au multiculturalisme canadien. À celui-ci, le parti oppose l'interculturalisme. Grossièrement, l'interculturalisme est la vision selon laquelle les nouveaux arrivants doivent intégrer la société québécoise par le partage d'un projet politique. En d'autres mots, l'intégration des immigrants ne se fait ni par l'assimilation, ni par la ghettoisation ; mais bien par la politisation. Par ce projet de loi, Marois lance un message clair aux immigrants. Apprenez le français pour faire partie de notre nation.

Imaginez un moment un telle législation en Ontario. Tous les franco-ontariens crieraient - avec raison - au scandale. Et les Québécois seraient probablement les premiers à les appuyer.

De toute façon, le projet de loi allait inévitablement être refusé par l'assemblée. Il s'agissait plutôt pour le PQ de provoquer les réactions. Non seulement le Suburban a représenté les militants du PQ comme des militants du Klu Klux Klan, mais l'ensemble de la presse anglophone a sauté sur l'occasion pour attribuer au parti des visées fascistes, nazies, autoritaires, etc. Ce ne sera pas la première fois et certainement pas la dernière. Du même coup, aussi, le PQ atteint la corde sensible monopolisée par l'ADQ, celle de l'identité nationale.

Le PQ semble s'enfoncer et se diriger vers ce qui pourrait potentiellement devenir une réincarnation de la défunte "Union Nationale". Qu'on me traite de crypto-fédéraliste, mais jamais je n'accepterai de supporter un parti qui soutient de telles orientations.

Il reste à voir, toutefois, ce qui pourra être tiré d'un projet de citoyenneté québécoise. En effet, la popularité d'un tel projet risque potentiellement de raviver une "flamme constitutionnaliste" parmis les fédéraliste réformateurs.

Et tout les indépendantistes savent ce qui ressortirait d'une éventuelle ronde constitutionnelle...

mardi 16 octobre 2007

Perdre la session ou perdre le savoir?

Je suis obligé de me rétracter au sujet de la grève, une fois de plus! Il semble qu'il y ait une escalade de conscientisation chez les étudiants.

Tout a commencé avec l'AFESH. Premier mandat de grève à environ 60%. Or, l'AFESH (Association Facultaire Étudiante des Science Humain - UQAM) se retrouvait seule à détenir ce mandat (L'AFESH comporte 5 260 membres).

Le premier octobre se tenait le vote de grève au célèbre CEGEP du Vieux-Montréal. Traditionnellement, le "CEGEP du Vieux" a tendance à être parmi les plus revendicateurs. Cette fois, l'assemblée a refusé la grève. Plusieurs commentaires ont été émis au sujet de ce refus. Par exemple, que c'était un bon indicateur de l'état de la mobilisation. Toutefois, des rumeurs circulent quant aux procédures entourant le vote. En effet, une journée de levée de cours avait été prévue pour permettre aux étudiants d'assister à l'assemblée. Par contre, des courriels provenant de l'administration auraient été envoyés aux étudiants affirmant que la levée de cours n'était pas valide. Il faut aussi ajouter que les hausses de frais touchent principalement les universités et potentiellement les étudiants au CEGEP qui suivent une formation préuniversitaire.

En même temps commençait la consultation à l'AESS (Association des Étudiants du Secteur des Sciences - UQAM) qui devait s'est terminée le 5 octobre. Là, la réponse fut négative, sans grande surprise. Le 3 octobre, c'était au tour de l'AGEUR (Association Générale Étudiante d'Urbanisme - UQAM) de refuser un mandat de grève.

Si on fait le décompte, l'AFESH se retrouvait toujours seule après une semaine de consultation, ce qui donnait beaucoup d'importance aux assemblées qui se tenaient le 10 octobre, soit celles de l'AFELLC (Association Facultaire Étudiante de Langue et Communication - UQAM) et de l'AÉÉA (Association des Étudiantes et Étudiants en Anthropologie - Université Laval). Bien que l'AFELLC se soit donné un mandat de grève (très serré d'ailleurs, dans un proportion de 50,3%), l'AÉÉA l'a refusé.

Deux associations se retrouvent à détenir un mandat de grève après 6 consultations. Le vote du 11 octobre, qui conviait les étudiants membres de l'AFESPED (Association Facultaire Étudiante de Science Politique et Droit - UQAM) avait donc une grande importance pour la suite des choses. Le mandat a, heureusement, été accepté dans un forte proportion d'environ 60%.

Après le refus des étudiants du CEGEP de Maisonneuve et du CEGEP de Drummondville, c'est l'AEMSS (Association Étudiante du Module de Science Sociale - UQO ou université du Québec en Outaouais) qui s'est doté d'un mandat de grève.

Bref, quatre associations se retrouvent, aujourd'hui le 16 octobre, à détenir un mandat de grève. Je vous rappelle que le plancher à atteindre pour déclencher la grève et donner suite au mandat est de 7 associations représentant 25 000 étudiants.

Or, pour l'instant, le problème est le nombre. Bien qu'il y ait 4 associations en grève, le nombre de 25000 étudiants semble difficilement atteignable puisqu'aucun CEGEP ne semble vouloir de la grève. Les yeux se tournent vers le CEGEP de Ste-Thérèse (le Collège Lionel-Groulx) et vers celui de St-Jérôme qui, habituellement, collaborent assez bien dans la rue.

Pour encourager les étudiants, aujourd'hui, une étude a été rendue publique sur la gratuité scolaire et le financement nécessaire à son application. C'est l'IRIS (Institut de Recherche et d'Informations Socio-économiques) qui a produit l'étude, commandée par l'association des étudiants de McGill (qui prônent la gratuité).

Bref, bien que la grève semble s'enclencher difficilement, le débat est lancé et bien engagé dans la société québécoise. Et puis la grève, si elle apparaît comme prématurée pour plusieurs, ne le sera certainement pas à l'hiver, devant le refus d'un gouvernement libéral.

mercredi 10 octobre 2007

Sondage et vigile

Les lecteurs de ce blog ne croient plus au PQ
J'ai mis un sondage sur mon blog, il y a quelque mois. La période est aujourd'hui terminé, donc faudrait en tirer quelques conclusions. Avant tout, je sais, c'est tout sauf scientifique. L'échantillon ne représente que les lecteurs de ce blog. Donc, les lecteurs de ce blog auraient tendance à croire que le PQ n'a plus les capacité de réaliser l'indépendance à court ou moyen terme. 27% des répondants ne croient tout simplement plus au PQ comme moteur de l'indépendance tandis que 30% préfèrent une réponse plus nuancée en ajoutant "pas dans son état actuel". Finalement, 17% des gens croient toujours aux chances du PQ.

Il est important de préciser que le sondage a débuté avant le couronnement de Pauline Marois et qu'il s'est terminé après.

Vigile a besoin de vigiles
J'ai écris, le 17 septembre, un billet sur l'adversité à laquelle Vigile.net faisait face. En effet, une triple mise en demeure (La Presse, Le Devoir et CEDROM-SNI) enjoignait Bernard Frappier à cesser ses activités à travers le site internet qu'il entretient.

Or, après avoir répondu et offert une façon de régler le conflit, M. Frappier a reçu une réponse de la part de Carolina Migarelli, avocate de GESCA, lui signifiant qu'aucun compromis n'était possible.

Nul besoin de réitérer la pertinence du site internet Vigile quant à la diversité des opinions au Québec. La convergence médiatique rend nécessaire des médias alternatifs tels que Vigile qui permet à tout le monde de participer à un débat trop souvent restreint aux éditorialistes.

Si vous avez quelques connaissances potentiellement utiles pour l'hôte de Vigile, M. Bernard Frappier, veuillez svp lui en faire part à travers son site.

dimanche 7 octobre 2007

La grève sur la glace et tout le reste

Ça fait longtemps que je n'ai rien écris. J'en ai beaucoup à dire. Et pourtant y'a rien à dire.

Les étudiants au frette
Je l'avais pas vu venir. En 2005, la grève avait culminé le 16 mars lorsque 80 000 étudiants avaient déambulé dans le centre-ville devant le regard ébahit de Jean-Marc Fournier et de Jean Charest. Tout ça pour 103 millions retirés aux étudiants les plus pauvres du Québec. Ceux qui avaient le plus besoin d'argent pour étudier allait devoir emprunter. La décision était inacceptable et les étudiants avaient bien manifesté leur mécontentement. La mobilisation fut incroyable.

L'ASSE (transformée en CASSÉE pour Coalition de l'Association pour une Solidarité Syndicale Étudiante Élargie pour l'occasion) avait été écartée des négociations qui se sont déroulées dans le plus grand secret entre Pier-André Bouchard, alors président de la FEUQ et Jean-Marc Fournier, ministre de l'éducation de l'époque. Des rumeurs ont circulé quant à la présence d'un médiateur : Henri Massé de la FTQ. Le règlement fut désolant pour tous les étudiants, puisqu'il prévoyait le retour du 103 million espacé sur 5 ans. Alors que le rapport de force penchait de plus en plus en faveur des étudiants, la FEUQ en a déçu plus d'un en acceptant une perte.

Tout ces étudiants donc, étaient déçus pour des raisons diverses. Une grande partie de ceux-ci auraient plutôt voulu qu'on insiste en leur nom pour le rétablissement complet et sans compromis de ce montant. Une autre partie, aussi, aurait voulu élargir les revendications du mouvement. Après tout, la mobilisation était plus que monstrueuse, elle était historique.

Cette déception et cette amertume parmi les étudiants à la suite de 2005, me disais-je, ne pouvait qu'annoncer une combativité accrue dans les années qui suivraient. Les étudiants, déçus, n'acepteraient plus qu'on néglige leur éducation.

Cette année, Jean Charest a décidé de hausser les frais de scolarité de 50$ par session pendant 5 ans. C'est 100$ par année (à moins que la session d'été ne soit prise en compte?), et c'est 500$ de plus par session au bout de 5 ans. Bref, ça ressemble à une hausse de 500$ au bout de cinq ans, si on y pense pas plus. Mais faites le calcul : au bout de 5 ans, les étudiants devront payer 1000$ de plus par année pour étudier. C'est énorme quand on gagne 10 000$ par année (pour ceux qui trouvent le temps de travailler) et qu'un grande partie de ce montant est déjà destinée à payer ses études. Pour l'instant, c'est déjà 176.82$ de frais minimal pour l'inscription à un cours de trois crédit. Une session à temps complet normale, c'est cinq cours, donc 884,10$ de frais minimaux. Ajouter à ça les frais afférants demandé par l'institution universitaire, les frais pour l'accès au centre sportif, etc, vous arrivez à une facture d'environ 1300$. Rajoutez à ça 500$, et ça vous donne 1800$. Par année, vous avez une facture de 3600$ et vous n'avez pas encore de livres, d'appartement, de nourriture, d'articles scolaires et de passe mensuelle pour l'autobus/le métro. Si on fais le calcul, disons 3600$ de frais d'inscription, environ 100$ de bouquins (et c'est généralement beaucoup plus), 300$ pour l'appartement chauffé meublé (multiplié par 12 mois), un autre 120$ pour l'électricité et internet (aussi multiplié par 12 mois), disons 50$ d'articles scolaires et un petit 150$ pour la nourriture par mois (aussi muliplié par 12). On arrive au calcul suivant : 3600$ + 100$ + (300$*12mois) + (120$*12mois) + 50$ + (150$*12mois) = 3750$ + 3600$ + 1440$ + 1800$ = 10590$

Bref, dans 5 ans, on est tous dans la merde. Ah mais attendez, il y a aussi les prêts et bourses, non?

Non. Disons que vous finissez votre secondaire. Vous décidez de rester chez vos parents durant le CEGEP, puis vous déménager lorsque vous obtenez votre DEC. Après ça, l'université! Vous demandez des prêts et bourses, pensant que vous y avez droit (après tout, vous êtes majeur, vous demeurez en appartement, travaillez pour subvenir à vos besoin et vos parents ne vous aident pas). Ravisez-vous, l'autonomie, vous ne l'avez pas. pour avoir droit aux prêts et bourses, vous devez habiter en appartement pendant 2 ans sans aller à l'école, travailler pendant ce temps et retourner à l'école ensuite. Là vous êtes autonomes.

Et si vous ne voulez pas travailler dans une épicerie pendant 2 ans? Eh bien débrouillez-vous pour trouver l'argent. C'est tout.

Bref, tout cela pour en arriver à la conclusion : pourquoi la grève tarde-t-elle à s'imposer comme moyen de protestation face à l'augmentation innacceptable du gouvernement libéral de Jean Charest? Ces augmentations sont beaucoup plus innacceptables que les coupures de 103 millions. Avant de les énumérer, il faut dire que l'AFESH (Association Facultaire des Étudiants(es) en Sciences Humaines), à l'UQAM s'est donné un mandat de grève générale illimitée. (Conditionnellement à l'atteinte d'un plancher de grève de 7 associations représentant 25 000 étudiants).

Plusieurs raisons ont été avancées. Entre autre, les étudiants n'auraient pas un bon "momentum". Celle-là, j'avoue ne pas bien la saisir. Comment créer un bon "momentum" si personne ne veut faire la grève? D'autres préfèrent une escalade. Cette alternative repousserait la grève à l'hiver (en admettant qu'il y a peu de chances que le gouvernement revienne sur sa position). Ensuite, certains pensent que cette augmentation est nécessaire. Il ne s'agit pourtant pas de nécessité mais bien de choix. Est-ce aussi nécessaire d'abolir la taxe sur le capital? Est-ce aussi nécessaire de réduire les impôts pour les plus riches? De toute façon, cette augmentation ne sera-t-elle pas un prétexte pour le gouvernement de se désengager?

Il y a l'éternel argument de la "moyenne canadienne". Par contre, plaçons-nous sur une échelle américaine (dans le sens d'Amérique du Nord). Le Québec (là où c'est tellement moins cher qu'ailleurs) se retrouve en 30e position sur 60 en considérant les 50 États et les 10 provinces. C'est un peu moins réjouissant, n'est-ce pas?

Bref, si la grève n'a pas lieu cet automne, espérons qu'elle aura lieu cet hiver.

La faiblesse souverainiste
Elle s'exprime sur tous les fronts, et les éditorialistes (fédéralistes) s'en donnent à coeur joie. Pauline Marois au PQ qui ne veut plus vraiment de souveraineté, Québec Solidaire totalement absent de la scène politique et le Bloc qui décide FINALEMENT de s'opposer timidement à une guerre que les Québécois jugent injuste.

Stéphane Dion s'enfonce toujours plus, le NPD recrute chez les libéraux de Charest et personne ne semble s'apercevoir de l'arnaque. Socialiste, le NPD? Laissez-moi rire.

Il ne reste que Stephen Harper, qui est considéré comme le moins pire, apparemment, par les Canadiens. Or le projet conservateur concorde très bien avec le projet conservateur de Charest et même de Dumont c'est-à-dire faire taire tout le monde et couper, couper, couper.

La deuxième grande noirceur est en marche. Quand pourrons-nous l'arrêter? Il y a urgence.

lundi 17 septembre 2007

Vigile pour vigile.net

Vous connaissez Vigile? Votre réponse sera sûrement positive, mais pour ceux qui ne connaissent pas, c'est LA référence internet pour les souverainistes. Le site, entretenu et mis à jour par un seul homme (ou surhomme?) Bernard Frappier, présente une actualité quotidienne, du lundi au samedi, alimenté de toutes les sources journalistique, internet, télévisée et autres possibles. Il est régulièrement mis à jour et si une nouvelle de dernière minutes est disponible pendant la journée, il sera mis à jour une deuxième fois. Vigile, c'est le carrefour des indépendantiste sur le net : l'actualité qui y est présentée est celle se rapportant à la question nationale. En plus de présenter cette actualité à chaque jour, Vigile archive tout ce qui passe sur le site. C'est non seulement un site utile pour l'information, mais aussi pour la recherche.

Or, Vigile a récemment reçu une mise en demeure par La Presse et Le Devoir pour atteinte aux droits d'auteur. CEDROM-SNI, une compagnie d'archivage vous fait payer 2,50$ par article archivé que vous allez chercher. C'est cette compagnie qui détient les droits d'archivage pour La Presse et Le Devoir. Cette mise en demeure est la deuxième que le site reçoit. La première fois, en 1998, M. Frappier avait bien exposé les raisons qui le laissaient croire que Vigile respectait le droit d'auteur : le fairuse ou l'utilisation raisonnable. Ce concept répond au nouveaux enjeux sur le droit d'auteur à l'ère de l'internet. C'est une façon de laisser le droit de reproduire des articles sans exagérer et sans en tirer profit. M. Frappier avait donc suggéré au président de CEDROM-SNI de laisser un juge décider du litige. Le président n'a jamais donné suite.

Aujourd'hui il revient à la charge aidé du Devoir et de La Presse. Pourquoi les deux quotidiens montent-ils à la charge contre Vigile, alors que le site ne peut pas, logiquement, enlever beaucoup d'abonnements? Le site ne présente pas TOUS les articles des deux journaux, seulement ceux qui concernent un débat particulier.

Pour La Presse, c'est évident. Écraser un ennemi stratégique, écraser l'indépendance.

Mais pour ce qui est du Devoir? J'avoue ma déception. J'ai peut-être cru un moment que Le Devoir était un quotidien indépendant et indépendantiste, qu'il était pour la liberté d'expression et pour une circulation de l'information. J'ai été naïf.

M. Frappier a évidemment donné suite aux mises en demeures. Vous pouvez lire sa réponse ici.

J'encourage tout le monde pour qui la liberté d'expression est de mise dans une démocratie à faire parvenir son mécontentement à la fois au Devoir et à la Presse, comme l'a fait M. Philippe Trempe ici.

vendredi 14 septembre 2007

Les esprits s'échauffent à l'UQAM

Vous connaissez le contexte. L'UQAM est en crise financière. Les étudiants de l'université du Québec sont en colère. Les frais de scolarité augmenteront considérablement si rien est fait. La ministre de l'éducation commence à remettre en question le rôle de l'UQAM (pas surprenant, puisque c'est l'UQAM qui est la plus porteuse de dissidence dans les milieux académiques).

Claude Corbo est venu à la défense de l'UQAM dans les pages du Devoir cette semaine, après que la ministre de l'éducation ait demandé à l'UQAM de se "recentrer sur sa mission". Une autre façon, probablement, d'attaquer l'université la plus susceptible de l'attaquer, elle.

L'UQAM est bel et bien restée centrée sur sa mission comme nous l'explique le professeur de l'UQAM dans sa lettre "L'UQAM reste fidèle à sa mission". Il la soupçonne aussi de remettre de vouloir remettre en question les cycles supérieurs à l'UQAM, une façon bien libérale pour régler les problèmes.

L'UQAM est en crise, soit. Mais ni les étudiants, ni les employés de l'UQAM ne devraient à avoir à payer pour le désastre provoqué par l'ancien recteur et cautionné par l'UQ.

Il est grand temps de réinvestir dans l'éducation dans une perspective d'accessibilité et de qualité.

***

La mobilisation est bien commencé dans les université. Les associations de l'UQAM distribuent des petits carrés de tissus rouge, signe de la mobilisation monstre de 2005. Pourquoi le carré rouge? Pour "carrément dans le rouge".

Je vous invite à le porter.

lundi 10 septembre 2007

Vote voilé et accomodements : une polémique montée de toute pièce

Allumez la tété ce soir. TQS, TVA et Radio-Canada vous promettent des bulletins de nouvelles à sensations fortes. Au menu, accomodements raisonnables et vote voilé. Au dessert, des politiciens qui aiment bien se bâtir un peu de capital politique sur la controverse du moment.

La polémique prend des allures complètement déraisonnable. C'est pourtant tout à fait annodin. Les femmes voilées qui vont voter proviennent de communautés culturelles qui n'ont jamais réclamé le droit de voter à visage couvert. Elles allaient voter et on ne leur demandait rien. La loi le permet, point.

Elles acceptent déjà, d'ailleurs, de lever le voile devant une femme avant de voter.

Tout à coup, elles se retrouvent bien malgré elles en première page de la Presse, derrière un titre en caractère 38 du Journal de Montréal, et aux trois bulletin de nouvelle en même temps. On les pointe du doigt, comme si elles allaient trop loin.

Laissez-moi soulever une question par rapport à cette fameuse entorse à notre si chère et fonctionnelle démocratie. Qu'en est-il des Québécois qui vont voter à visage découvert avec une carte d'identification sans photo? Ne me dites pas que ça n'existe pas, c'est justement pour cette raison que les femmes voilées peuvent voter voilées. Elles suivent la même procédure que ces Québécois sans photo.

Les questions d'intégration/exclusion font les grands titres de façon plutôt disproportionnée. Tandis qu'une guerre est en cours en Afghanistan, qu'Israël et la Palestine s'entre-déchire avec un aval pacif de l'occident (et un accord actif entre les États-Unis et Israël...), que la planète étouffe devant l'inconscience humaine, que le PSP qui liera pour toujours le Canada aux États-Unis est en marche, que l'éducation et la santé sont en crise majeure et que l'Irak meurt à petit feu sous les bombardements ; nous, les Québécois, parlions d'accomodement raisonnable et de vote des femmes voilées. Deux polémiques qui, si on cherche à savoir, n'en sont pas.


La faute des médias ou de la population? La poule ou l'oeuf?

[ajouté le 11 septembre 2007]
Je n'ai pas l'habitude de citer Lysianne Gagnon, étant donné que je n'aime pas beaucoup ses opinions sur la question nationale. Ceci dit, elle ajoute des arguments plutôt convaincants qui viennent appuyer ce billet dans son article "La fausse crise".

Par exemple, il n'y aura qu'une cinquantaine de femme portant le niqab au... Canada. Les photos que l'on expose dans tous les quotidiens seraient soit des photos du Pakistant ou de Jordanie.

Par exemple, les femmes qui seraient aller voter en niqab au Québec seraient une poignée de comiques qui sont allé voter munies d'un niqab au scrutin anticipé d'Outremont.

Par exemple, que la question ne s'était jamais posée jusqu'à ce qu'une autre pognée de comiques, des journalistes cette fois, appelle les bureaux du DGE pour lui demander si c'étair possible de voter le visage voilé.

Mais que fait-on lorsqu'une question devient un sujet d'actualité brûlant, qu'elle soit inventée ou non? COMISSION!!

mercredi 5 septembre 2007

Grève générale illimitée

En cette semaine de rentrée universitaire, la question des droits de scolarité revient brusquement sur la table. Tandis que la rectrice par intérim de l’UQAM tente de faire effacer le fiasco financier de l’établissement par les étudiants, ceux-ci se préparent à sortir dans la rue pour manifester leur mécontentement. Il était temps!

Les revendications étudiantes de l’ASSÉ prennent appui tout d’abord sur la décision du gouvernement de hausser les frais d’inscription de 50$ par session pendant cinq ans. Une façon douce d’augmenter les frais de 500$. Ceci dit, l’ASSÉ a toujours milité pour la gratuité scolaire. Réussira-t-elle, cette fois-ci, à engager le débat autour de cette idée?

Lors de la grève de 2005, l’ASSÉ avait tenté tant bien que mal de lancer l’idée. Bien entendu, le travail n’a pas été vain. Le projet a circulé à travers les associations, les groupes d’étudiants, etc. Ceci dit, le regroupement syndical, devant l’adversité, n’est pas parvenu à se faire entendre. Pourquoi?

Plusieurs raison expliquent la marginalisation des positions de l’ASSÉ. Le mouvement de 2005, surnommé la « grève des 103 millions » a creusé le désormais célèbre fossé qui existe entre les deux factions étudiantes, la FEUQ/FECQ et l’ASSÉ.

Tout d’abord, la tactique aux accents machiavéliens employée par le gouvernement libéral s’est avérée plutôt efficace en terme de « diviser pour mieux régner ». L’ASSÉ, par ses positions, exprime manifestement un point du vue plus radical que la FEUQ et son penchant collégial, la FECQ. Évidemment, les actions menés plus violemment (et celles-ci étaient plus que rares) ou plus radicale (occupations, blocage d’autoroute, etc.) étaient immédiatement dénoncée comme étant irrationnelles, irresponsables et inconcevables par les médias traditionnels. Le ministre de l’éducation, après avoir condamné ces actions soi-disant violentes rejetait tout simplement du revers de la main toute discussion avec le groupe radical. Non seulement cela faisait-il l’affaire du gouvernement, qui n’aurait pas à négocier avec une force étudiante qui revendique un peu plus que le statut quo, mais cela faisait aussi l’affaire de la FEUQ et de la FECQ, puisque la marginalisation de l’ASSÉ répondait totalement à ses objectifs. En effet, la FEUQ/FECQ a perdu beaucoup d’effectif, en 2005, en termes d’associations étudiantes en raison de ses méthodes de consultation contestées et de sa proximité du pouvoir. Or, la guerre amorcée entre les deux forces de représentation étudiante a incité les dirigeants de la FEUQ à prendre la place du seul représentant légitime… aux yeux du gouvernement. On ne peut pas dire que les intérêts étudiants priment avant tout, à la FEUQ…

Ensuite, il y a eu le règlement des négociations. Le leader de la FEUQ s’est arrangé seul (on dit, dans le mouvement, que le médiateur était Henri Massé de la FTQ) en face de M. Fournier. La solution qui fut acceptée par les deux partis fut celle de retourner les 103 millions de bourse aux étudiants sur une période étirée, quelque chose comme 5 ans si ma mémoire est bonne. Or, comme le disait Michel Chartrand aux étudiants de l’ASSÉ, lors d’une conférence du célèbre syndicaliste, lorsqu’un voleur vient vous prendre votre télé, vous ne négociez pas avec lui pour en reprendre une partie!

Les étudiants affiliés à l’ASSÉ et certains affiliés à la FEUQ se sont sentis profondément trahi par un arriviste. Toutefois, l’association plus radicale s’est vu relayée au statut d’organisation extrémiste à la fois par le gouvernement et par la FEUQ. Pourtant, simultanément, l’association pour une solidarité syndicale étudiante a vu ses effectifs augmenter proportionnellement à sa crédibilité sur les campus.

La grève qui s’annonce cette session permettra – on peut l’espérer – à l’ASSÉ de faire avancer le débat sur la gratuité scolaire. Il est grand temps de rétablir un certain équilibre : chaque fois que l’idée de gratuité scolaire est avancée elle est aussitôt ridiculisée d’abord par l’IEDM, ensuite le Conseil du Patronat, la Chambre de commerce, les éditorialistes (tout quotidien confondus) et finalement par le gouvernement. Pourtant, la population semble favorable à un engagement féroce des gouvernements dans l’éducation.

Pour ceux qui en doutent, la grève aura bel et bien lieux, du moins à l’UQAM. En plus d’essuyer le scandale financier et les hausses de 500$ à l’inscription, les étudiants de l’UQAM sont bien conscients de la tradition qu’ils ont tendance à honorer. L’UQAM est née de la lutte et défend des valeurs progressistes depuis sa fondation. C’est, d’ailleurs, la seule université à s’être prononcé en défaveur de l’augmentation des frais de scolarité.

Il ne reste plus qu’à espérer que les étudiants pourront stopper ce qui peut causer un tort irréparable à notre société, la mise en marché d’un bien collectif : l’éducation.

jeudi 30 août 2007

Think white, be rich

J'ai honte.

J'ai honte de nous. Non, pas de nous, mais de nos médias. Je ne peux pas comprendre que des médias qui se disent sérieux (d'accod, depuis le temps, on n'y croyait déjà plus...) publient des analyses de lobbyiste totalement farfelues. Des solutions qui feraient plaisir des gens que plus rien ne pourrait faire plaisir, tellement ils ont tout.

Je parle évidemment de la "relance" du débat autour de la privatisation de Hydro-Québec. Ça ressemble beaucoup plus à un plan de marketing qu'à la relance d'un débat. La dernière fois, c'était Claude "on va écraser les séparatisses" Garcia qui s'excitait dans les pages de La Presse. Cette fois, c'est la toujours plus crédible Institut Économique de Montréal qui revient à la charge avec des propositions pas juste un peu absurdes.

Pas besoin de chercher très loin pour se rendre compte des affinités idéologiques de l'organisme : "Il ne s’agit pas d’obtenir l’appui des politiciens, mais de la population. Il s’agit de convaincre les gens qu’en payant plus cher ils vont être plus riches."

Tout à fait logique... (?)

Ah mais, dis-donc, qui a "relancé le débat"? Attention, ça risque de surprendre.

Nul autre que Claude Garcia lui-même! Et cette fois, il s'est muni d'un joyeux luron de l'IEDM, Marcel Boyer. Marcel Boyer est vice-président et "économiste en chef" de l'IEDM tandis que Claude Garcia, ancien président de la Standard Life et membre actuel de la Caisse de depôt et de placement du Québec.

Bref, d'avoir étatiser Hydro-Québec pour reprendre une ressource qui appartient au Québecois de la main des entreprises, c'était une mauvaise idée.

Comme d'habitude, aussi, les grands "intellectuels" de l'IEDM nous comparent au reste du Canada, comme Jean Charest pour les frais de scolarité, comme Jean Charest sur les taxes. Ce sera quoi la prochaine comparaison... la langue? Je l'entend déjà de loin "Le Québec est la seule province qui ne speak pas white..."

Après Speak White, THINK WHITE!